"La nature et la
profondeur de l'orgueil humain sont mises en évidence lorsqu'on
compare la vantardise et l'apitoiement sur soi. En fait, ces deux
attitudes sont des manifestations inspirées par l'orgueil.
La vantardise est la
réaction de l'orgueil devant le succès et l'apitoiement sur soi la
réaction de l'orgueil face à la douleur. Celui qui se vante pense :
"Je mérite l'admiration parce que j'ai réalisé tant de choses
et celui qui s'apitoie sur lui-même en se disant: " Je
mérite l'admiration parce que j'ai fait tant de sacrifices."sont
centrés sur eux-mêmes. La vantardise est la voix de l'orgueil dans
le cœur du fort, l'apitoiement celle de l'orgueil dans le cœur du
faible. La vantardise s'apparente à l'autosuffisance, l'apitoiement
sur soi à l’auto-sacrifice.
Si l'apitoiement sur soi
ne donne pas l'impression d'être de l'orgueil c'est parce qu'il
semble être un besoin.
Mais le besoin vient d'un
moi meurtri : en suscitant la pitié de soi, on ne cherche pas à
passer comme des nécessiteux aux yeux d'autrui, mais comme des
héros. La pitié qu'on éprouve vis-à-vis de soi ne provient pas du
sentiment d'indignité, mais de celui de dignité non reconnue. C'est
la réaction de l'orgueil devant l'absence d'applaudissements.
À partir du moment où la souffrance est acceptée en vue de la
joie, on cesse de s'apitoyer sur son sort."
John Piper

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